Je suis deja en Tanzanie, et je ne vous ai meme pas encore raconte la fin de l’Ethiopie. En quelques mots donc, voici les faits saillants :
- Le 23 fevrier au matin, je suis entree en collision avec deux anes sur la route. J’ai ainsi battu le dernier record qui etait une chevre, mais je me suis fait rattrapee depuis par Ron qui a fonce dans une vache, puis par Randy qui a carrement tue une chevre. Ce nouveau record devrait etre battu au Botswana ou en Tanzanie par une collision avec un elephant… Fort heureusement, les anes sont sains et saufs et m’ont confirme qu’ils n’avaient rien de grave. Par contre, mon genou droit est tombe sur la fourche de mon velo, et j’ai eu mal pendant plusieurs jours…
- Le 24 fevrier, nous sommes arrives au Lac Langano apres une superbe journee et de longs, tres longs arrets dans les marches et les buvettes. C’est sympa de traverser ces villages ou on peut acheter tout plein de trucs genre des ananas ou des papayes qu’on fixe ensuite tant bien que mal sur le porte-bagage. Et puis il y a plein d’ateliers-velo le long de la route, ce qui nous permet de faire ajuster les freins, les vitesses, et de faire regonfler les pneus. Nous avons campe au bord du Lac Langano, un des seuls lacs sans bilharziose de l’Ethiope. Ce qui signifie baignade, lavage des tentes, des cheveux etc. Par contre, ce lac est le lieu de rendez-vous des fetards du coin qui, tous les vendredi soirs viennent y faire des fiestas monstrueuses toute la nuit. Nous y etions un vendredi soir justement…
- Le 25 fevrier, le paysage a brusquement change apres une grande descente. Tout d’un coup, tout est devenu vert, et bien vert. Des bananiers, des cafeiers, des caoutchoucs poussent dans une atmosphere tres tres humide. J’ai essuye un orage monstre qui a dure pres d’une heure. On n’y voyait pas a 10 metres et j’ai du me refugier dans une maison en attendant une accalmie. Inutile de vous dire que je suis arrivee au bivouac trempee jusqu’aux os. Notre bivouac est toujours aussi frequente par les Ethiopiens….
- Le 26 fevrier, jour du Seigneur : nous avons du grimper 2000 metres de denivele, 2 grosses cotes de 20 km, le tout sous une pluie torrentielle glaciale. J’ai failli abandonner la partie tellement j’etais gelee… Fort heureusemet, j’etais avec Geraldine et Sarah qui m’ont aidee a tenir jusqu’au bivouac. Nous avons rencontre Cori sur le bord de la route. Son velo est carrement casse en deux !!! Les enfants sont nombreux et aggressifs…
- Le 27 fevrier : nous traversons une foret tropicale dense et humide, ou nous croisons beaucoup de gros singes sur la route. Puis nous changeons une fois de plus d’ecosysteme en entrant dans une zone semi-desertique qui me rappelle le Senegal. De la savane, de la terre rouge, des epineux, des termitieres geantes… Les gens que nous rencontrons sont egalement differents et nous rappellent les Masais.
- Le 28 fevrier : jour de conge a Yabello. Je suis toujours tres occupee ces journees-la : lessive, entretien du velo, etc etc.
- Le 1er mars : je prends un jour de conge supplementaire et je fais la route dans un van avec 3 des plus jeunes cyclistes du Tour d’Afrique. Nous avons ri comme des fous en echangeant les potins du bivouac, et mange toute la journee !! J’ai goute pour la premiere fois a la viande chevre, sous forme de cotes levees. Delicieux !
- Le 2 mars : nous arrivons a Moyale, a la frontiere du Kenya, apres une superbe randonnee sur une route asphaltee. Aux douanes, il nous a fallu attendre 1h30 pour sortir d’Ethiopie, et 5 minutes pour entrer au Kenya. Nous fetons ce quatrieme pays dans le premier pub que nous trouvons apres la frontiere. Il me semble que chaque cycliste vit un passage de frontiere comme une victoire. Le groupe entier est dans un etat euphorique… Nous avons en effet vaincu les montagnes d’Ethiopie et il nous semble que nous penetrons maintenant au cœur de l’Afrique…
Pour ceux qui pensent que je suis toujours en conge, je rappelle quand meme que nous pedalons une moyenne de 125 km par jour, avec des journees a 160 ou 170 km !!
Catavélo, 2006-03-14 09:00:44
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